Biographie de Sœur Claire

Issue d’une famille aristocratique de l’ancien royaume de Naples qui connaît l’exil à Rome puis en France au temps de l’unification italienne, Francesca Ferrante di Ruffano, qui deviendra Sr Claire, naît à Cannes le 8 août 1897. Elle découvre sa vocation lors d’un séjour dans un couvent : elle enseignera et soignera.

Après l’obtention du diplôme d’infirmière en 1918, elle arpente la campagne cannoise pour réaliser un véritable apostolat itinérant d’aide aux défavorisés. Après quelques années de ce travail épuisant, elle tombe malade et se retrouve au sanatorium de Montana pour soigner une tuberculose naissante. Dans cette région alpine, elle découvre la rudesse des montagnards, l’étendue de la pauvreté et surtout le drame des « filles-mères ». Encouragée par les médecins de la clinique de Montana à prêter une main secourable à ces femmes démunies et abandonnées de tous, elle crée, en 1930, à Sierre, une première association : l’Association des filles du Curé d’Ars qui deviendra bientôt la Fraternité tertiaire des Petites Soeurs de Saint-François. Sous l’égide de cette dernière, Sr Claire crée une société anonyme, ouvre une maternité, une pouponnière et une école de nurses. Aux enfants chétifs ou malades de familles pauvres, elle propose des séjours estivaux sur le coteau, au préventorium de Chelin et, en montagne, à la colonie Saint-François de Bluche.

A la demande de quelques médecins sierrois, Sr Claire transforme la Providence en clinique généraliste en 1962. Commence alors pour la Fraternité une nouvelle forme d’apostolat en lien avec les soins aux malades hospitalisés et qui dure plus de 20 ans. En 1985, à la faveur de la planification hospitalière cantonale, la clinique Sainte-Claire est convertie en hôpital de gériatrie ; elle abrite un service cantonal de psycho-gériatrie dès 1991, fusionne avec l’hôpital de Sierre en 1997 et intègre le Réseau Santé Valais en 2012.

A côté de son œuvre valaisanne, Sr Claire poursuit son apostolat en Belgique et en France durant la Seconde Guerre mondiale. Elle apporte aide et soutien à la population et aux curés des paroisses puis, elle crée la branche française de la Fraternité qu’elle abrite d’abord au château de Saulon-la-Rue puis à Brochon, au Clos Saint-François qui devient la maison-mère des Petites Sœurs. Jamais fatiguée, jamais lassée, elle court de France en Valais puis de Valais en France, toujours enseignant et soignant selon ses vœux initiaux. Portées par son exemple, les Petites Sœurs de la Fraternité se dépensent sans compter dans cette extraordinaire entreprise qui mêle à la fois dévotion et charité dans l’esprit des communautés religieuses du XXe siècle.

Décédée le 9 septembre 1989, Sr Claire laisse le souvenir d’une personnalité exceptionnelle. Son œuvre comme celle de la Fraternité franciscaine de Jésus-Prêtre à Sierre et en France trouve son prolongement dans la Fondation qui porte son nom.*

* Texte librement adapté de  l’ouvrage de M.-F. Vouilloz Burnier « Sr Claire, femme d’exception », 2013.